Sur un air de patch est un club moderne depuis que des jeunettes nous ont rejointes.
Attention, ça décoiffe et cela nous bouscule: tant mieux!!!
L'une d'entre elles Maëva, la benjamine est une mine d'inventivité de couleurs de techniques à elle toute seule. Voilà son univers coloré.
Sans bruit, elle nous a fait passer cette semaine le lien pour son premier e-book.
Il s’agit de modèles simples au crochet pour customiser des pulls ou des gilets.
Il est en vente en ce moment sous forme de pack de 25 ebooks, les autres ayant été réalisés par d’autres créatrices sur d’autres thèmes (tricot, couture, gravure, écriture, patchwork, …).
Le pack est à 22€ le jusqu’au 6 avril.
Oui, vous avez bien lu.
Un tarif aussi imbattable qu’éphémère.
Imaginez, si vous aviez acheté tous les ebooks un par un, à chacune des créatrices, vous auriez dû débourser 362 € !!!
Là, l’ensemble est proposé à 22 € soit 94 % d’économie !
C’est toute la magie d’un projet collectif : des créatrices talentueuses, des savoir-faire variés et l’envie de vous proposer une offre exceptionnelle !
Attention, ce bundle est valable sur une durée de temps très limitée !
Donc n’hésitez pas à profiter de cette offre UNIQUE, qui ne sera JAMAIS renouvelée sous cette forme, chaque autrice repartant ensuite avec son ebook sous le bras pour d’autres aventures.
Quand le patchwork a rendez-vous avec la haute-Couture, ..., cela fait des merveilles!!
Pas trop active sur le blog, car de petits voyages en petits voyages, en passant par les puces, je n'ai pas eu trop l'occasion de raconter des trucs de club.
Aussi je vous propose un petit aperçu de mon dernier voyage à Paris, et plus particulièrement de ma visite au grand Palais de l'exposition:
"Du cœur à la main, Dolce & Gabbana".
C'était à tomber, époustouflant, émerveillant, fantastique, mirobolant, et ..., je n'ai pas de mots pour retranscrire l'émotion ressentie.
Alors pour ceux ou celles qui ne savent pas le pourquoi de l'expo en voici un petit exposé
Dolce & Gabbana, ont souhaité rendre hommage à ce qui distingue la sphère industrielle de la haute couture: le fait main.
Détail de point de croix de soie sur tulle.
Depuis 2012, ils se sont associés à de nombreux artisans et maîtres formant l'aristocratie italienne du fait main.
Ces collections évoquent le savoir-faire des grandes villes d'Italie: Taormine, Venise, Capri, Milan, Portofino, Naples, Palerme, Côme Florence, Syracuse, ...
La Sicile avec les peintres de chars siciliens traditionnels, mais aussi de carreaux de céramique
Les techniques artisanales de haute couture font écho à celles des objets, décorations de ces régions et plus encore l'art des grands maîtres italiens de tout temps: peinture, mosaïque, musique, opéra, cinéma, ...
Les mosaïques de style Byzantin de Monreale
C'est ainsi que l'on passe de la dentelle, à l'art des verriers, aux traditions de Sicile, aux grands peintres, au grand art des brodeurs, etc...
C'est aussi une plongée délicieuse dans l'histoire avec un grand H, dans la quintessence de l'artisanat.
L'art des verriers Vénitiens
Le baroque inspiré de Serpotta
Le cinéma avec la scène du bal du film " le guépard"
voilà quelques photos Bref je n'y ai passé que 2h30, mais j'ai une amie qui hier, en était à sa troisième visite!!!!!
Bon et le patch, me direz-vous ?
Et bien voici quelques œuvres, qui m'ont laissée baba
En espérant que cela vous aura fait rêver comme moi
C’est devenu une tradition : en fin d’hiver, nous organisons, chaque année, nos légendaires puces des couturières.
Non, non, nous n’avons pas les chevilles qui gonflent : je dis bien légendaire!
Voyez un peu
65 tables de réservées
25 Exposants. Avec cette année beaucoup de nouveaux, car nous l’avons souhaité ainsi.
Et renommée suprême : des puces des couturières ont été organisées pas très loin pour profiter de la venue du public, de Toulouse et des alentours (grands les alentours, loin loin).
Bon je dis ça je dis rien : hasard, coïncidence, ou...
Nous ne pouvons que leur souhaiter que leur événement ait été aussi réussi que le notre!!
Je rembobine le fil(m)
Début novembre parution de l’annonce sur videgrenier.org
Mi-Janvier, c’est complet et oui !!!
Début mars: le compte à rebours commence et on établit la "to do-list" de l’évènement. Qui quand comment (on oublie le où et le pourquoi : ça on sait)
Lundi 10 mars : récupération des clefs de la salle et vérification que nous aurons bien nos 65 tables. La mairie étant en travaux, certaines ont été réquisitionnées
Samedi 15 mars : J - 1
14h l’équipe 1 rentre en scène, salopette de rigueur !
Il nous faut installer les 65 tables, les chaises, en respectant un plan de circulation très précis : les issues de secours doivent être dégagées, les allées doivent avoir 150 cm de large (c’est facile on compte des carreaux au sol de 30cm) et on installe 15 grilles pour l’expo éphémère du lendemain.
Ensuite il faut marquer les tables de chaque exposant, prévoir pour chacun un sac poubelle, …
15h15 Tout est terminé. Dodo, toujours généreuse, a prévu un goûter - réconfort et à 15h45. Tout le monde dehors !!!!!
Dimanche 16 mars: Jour J
7h30: l’équipe 2 rentre en scène, et cette année, miracle !!!
L'ouverture de la grille et des portes coulissantes est réussie du premier coup
On allume les projecteurs, prépare le café et "l'eau chaude", les chouquettes
8h: c'est parti, on accueille nos premiers vendeurs.
Chacun est conduit à sa place, muni de 2 tickets pour le café
L'atmosphère devient très vite fébrile: il faut s'installer avant 10h.
Dès 9h nous refoulons des visiteurs !!!!!!
9h40,appel général :
"Pouvons-nous ouvrir les portes car il fait frisquet et il y a déjà du monde?"
Tollé des exposants :" Laissez-nous encore 10 minutes pour les ventes privées !! »
Bon 9h50 c’est parti mon kiki…
Les allées se remplissent, les portemonnaies se vident et les langues s’agitent.
Certaines dames venues de loin entre copines resteront 2h !!!
12h , les filles du club ont toutes le sourire: ça marche!!!!!!
Pause déjeuner pour tout le monde, certaines se refont un tour de ventes privées
14h30-16h30: et c'est reparti !!!
17h: fin de la partie, c'est le temps du rangement.
Premier constat, nous avons eu moins de visiteurs que la dernière édition, mais les exposants sont contents. Certains nous demandent de les inscrire déjà pour la prochaine édition. Si ça ce n'est pas un signe???
Il nous faut ranger : équipe 3. C’est rapide et fait dans la bonne humeur. Ménage effectué, nous fermerons les portes vers 18h
Quelle journée!!
Les anecdotes fusent, comme les projets à venir pour tout ce qui a été chiné. J’en retiendrai 1 : le monsieur prêt à acheter le patch sur les grilles de la scène de Françoise B, pas de bol elle n’était pas encore arrivée.
5 places pour le stage de la Mola du samedi 5 avril de 10 à 16h . Au cours de ce stage on réalisera une pièce en appliqué inversé qui représente un cœur (voir photo ci-jointe), en pièce jointe également la fiche du stage
10 places pour le stage du dimanche 6 avril (6 places pour la séance de 10-13h et 4 places pour la séance de 14-17h
L’initiation à la « broderie perlée à l’aiguille » est complet
Si vous êtes intéressées par l’un ou l’autre stage merci de m’adresser un mail avant lundi soir et envoyer le chèque correspondant au coût du stage en suivant.
Après la pause des vacances scolaires d'hiver, je reprend le clavier pour raconter nos folles aventures "patchesques".
Rappelez vous: fin janvier, nous vous avions parlé de l'excellent salon de Grenade.
Rappelez-vous aussi: notre rubrique: "nos boutiques préférées" (cliquer ici, pour l'article en question).
Croisez les 2 et bingo, vous obtiendrez le stage que nous avons effectué le 3 février
Un stage avec Anne-Carol Lemaire!!
Nous avons profité de sa venue dans notre région pour lui proposer de prolonger son séjour et nous animer un stage.
Pour le choix du sujet dur, dur! Elle a plus d'un tour dans son sac. Du coup, nous nous sommes arrêtées sur la méthode One Sister de Janet Rae Nesbitt!!
C'est une méthode qui permet de réaliser des blocs de motif identique grâce à un empilage , tels que étoiles, paniers, cœurs…… ou beaucoup plus recherchés tels que poule, compas du marinier… Et la couture se fait très rapidement à la machine.
Perso je ne connaissais pas, et les filles du club pas trop.
Ce fut une découverte et un engouement général!!
Il faut dire que Anne-Carol sait animer un atelier de main de maître: douceur patience, clarté des explications mais aussi fermeté lorsque c'est nécessaire. Une main de fer dans un gant de velours!!
Alors que je vous raconte.
Le nom: One sister, car à la base, elles étaient 2 sœurs et , une seule a continué .
Les modèles sont diffusés dans des fascicules où l'on trouvent tous les patrons à taille réelle.
Chacune devait arriver avec plusieurs tissus coordonnés mais contrastés. Je n'ai pas la prétention de vous expliquer la méthode, mais voici les grandes étapes.
Après avoir relevé notre modèle sur du freezer paper, on le pose sur la pile des 3, 4 ou 5 tissus choisis et on coupe.
Et c'est là le truc : on intervertit 1 ou 2 tissus (selon le motif) , de façon à obtenir des blocs variés.
Ensuite, on coud les pièces A1, A2, .. puis B1-B2, ..etc et enfin on rassemble A avec B puis AB avec C et ainsi de suite.
A la fin de la journée voici ce que nous avions affiché sur notre mur de réalisation.
Les plus prudentes ont réalisé 2 ou 3 blocs
L'as du groupe (Maëva pour ne pas la nommer):14!
Depuis,c'est le délire : des fleurs, des étoiles, des cœurs, des maisons... Une passion!!
Voici un tout petit album des merveilles réalisées
Pour la petite histoire, nous avons fait des envieuses à Grenade "Dis, on peut venir?...". Comme c'était impossible, Anne-Carol a rempli son carnet de RDV pour l'année prochaine avec plusieurs clubs de la région.
Mais pas le lundi, car le lundi après le salon de Grenade nous est réservé , et oui!!!
Encore Un grand merci Anne-Carole : c'était topissime!!!
La grande joie quand on écrit sur un blog, c’est évidemment de savoir que l’on est lu !!
Cela va sans dire, me direz-vous ? Mais le bonus, c’est quand un ou une de vos lecteurs vous dit :
« A ça c’est une idée » ou « Cela me fait penser à… »
Les moucadous vous ont inspirés très chers lecteurs !!
Il y a tant et tant à raconter que j’ai tout de même décidé que ce 3ème volet serait le dernier de cette saga. Alors, allons-y!
Rappelez-vous mes promesses « les mouchoirs de tête, une spécialité toulousaine et un bateau »
C’est l’une d’entre vous qui m’a fait penser à Tintin et au capitaine Haddock. Me lire lui a rappelé son grand-père qui nouait son mouchoir aux 4 coins sur la tête avant d’aller jardiner !
Par mouchoirs de tête, je pensai plus tôt aux très grands mouchoirs que les dames se nouaient sur les cheveux aux siècles précédents. En effet, pour réaliser certaines de mes étoiles, ma marraine m’avait transmis plusieurs mouchoirs IMMENSES appartenant à ses aïeules lauragaises.
Du coup quelque clics plus tard, voilà ce que j’apprenais sur le costume traditionnel de la région Toulousaine :
les filles portaient un grand carré de tissu plié en deux et noué sur la tête de manière particulière.
moucadou plié selon la mode lauragaise (rive droite de la Garonne)
selon la mode gasconne (rive gauche de la Garonne) dans les années 1880/1890.
Et voilà ma fameuse spécialité toulousaine !!
La manière de plier, nouer et serrer très fortement le moucadou donne à la tête une forme allongée vers l’arrière à la majorité des femmes de la région toulousaine.
On parlait alors de « déformation toulousaine ». Comme dans d’autres régions, le crâne pouvait alors avoir une forme allongée soit en hauteur , soit vers l'arrière. Un médecin de Toulouse avait relevé que "100% de crânes étaient déformés" dans un village du Lauraguais au début du 19ème. Ces déformations ont toutes été complètements abandonnées avant la première guerre mondiale.
Dans le Toulousain, ce serait peut être les Volques Tectosages ou les Wisigoths qui auraient importé cette coutume. En regardant attentivement certaines statues (civiles comme religieuses) ou portraits on peut retrouver mémoire de ces déformations. Un grand nombre d’hommes illustres possédaient cette modification osseuse comme l’explorateur J-F de La Pérouse.
Vierge à l'enfant de Ladin, musée de Rabastens
Le rituel de déformation était strict. On commençait par "masser" la tête du nouveau-né pour initier le changement de forme. Puis une coiffe faite de trois éléments était appliquée : une pièce de flanelle posée sur la fontanelle ; un serre-tête ou "scarro-cap" prolongé de liens de 50 cm ; et un bandeau, dit "bendel" ou "pountou". Les garçons la conservaient jusqu'à 4-5 ans. Les filles, à vie. D'où une déformation du crâne plus prononcée chez ces dernières.
Surprenant non ? Ma marraine fut la première surprise, mais cela lui donna l’explication de la fonction de nombreuses pièces de linge en sa possession.
Et l’histoire du bateau me direz-vous ?
Et bien c’est Chantal qui l’a écrite avec son magnifique sac constitué de mouchoirs familiaux. Voyez, et admirez!!
(mouchoirs pour ceux qui n'avaient pas lu l'article précédent).
Donc forte d'une montagne de vieux mouchoirs, que faire avec?
Un édredon avec mon motif préféré: l'étoile Lemoyne
Première difficulté: tous les mouchoirs ne sont pas en bon état. Il me faut les doubler avant de les travailler tellement ils sont devenus fins.
Deuxième difficulté, qui n'en est pas vraiment une mais plutôt un plaisir: les marier.
Je choisis d'alterner uni et non-uni, ce qui me permet de mixer les mouchoirs de propriétaires différents: papa, maman, marraine, ....
Le travail de mémoire s'effectue avec tendresse et sourire.
Tous ces mouchoirs qui ont essuyés sueur, larmes de joie ou de peine, goutte au nez et ..., qui ont été compagnons de nos aînés, me racontent leur histoire.
Comme une de nos fidèles lectrices me faisait remarquer beaucoup viennent de Cholet, ville spécialisée dans la fabrication de mouchoirs depuis 1736. Ils sont alors blancs avec d'éventuelles variantes dans les bordures ou à carreaux blancs ou bleus.
A fond blanc quadrillé de rouge, le mouchoir de Cholet est le signe de ralliement des Vendéens insurgés, et, rougi du sang versé, il devient le drapeau du soulèvement paysan. C'est aussi un mouchoir, d'un autre rouge, qui manifeste l'engagement révolutionnaire et exprime l'insurrection ouvrière.
Fin XIXème, les mouchoirs de Cholet sont en compétition avec les mouchoirs en toile des Vosges, en toile batiste de Cambrai ou de Valenciennes, en soie du Japon.
Notre fidèle lectrice nous conseille la visite du musée du textile de la ville, qui vaut le détour.
Mais revenons à mes moucadous!
Edredon lors de notre dernière exposition
Entre chaque étoile, évidemment des mouchoirs, mais là, c'est la chance des canailles!!
Dans des puces, je suis tombée sur un rouleau de mouchoirs non encore découpés, ourlés et brodés . Quadrillés de violet et blanc, ils m'ont permis d'une part de faire le lien entre les étoiles et d'autre part, de faire la bordure extérieure de mon édredon.
Héhé, c'est l'occasion pour moi de vous rappeler nos puces des couturières qui auront lieu le 16 mars.
Si vous n'êtes pas saturés de moucadous, la semaine prochaine, je vous parlerai des "mouchoirs de tête", d'une spécialité toulousaine et ... de bateau.
En cet hiver frisquet, pour beaucoup d'entre nous, ce sont nos fidèles compagnons. Si par hasard nous n'en avons pas, on s'agite, s'inquiète et on finit par quémander.
Je fais bien sûr référence aux moucadous, en patois languedocien, les mouchoirs.
Evidemment, le plus souvent ils sont maintenant en papier, mais cela pourrait changer!!
le mouchoir de l'architecte de Claes Oldenburg et van Bruggen, 1999
Aujourd'hui, petite histoire du mouchoir!!
Le mouchoir se définit comme une petite pièce de tissu, sans assemblage, de petite taille et ourlé.
Le terme de mouchoir apparaît pour la première en 1559, dans l' Heptaméron de Marguerite de Navarre. Son nom vient du verbe latin muccare, moucher, formé à partir de mucus, morve : il sert donc d'abord à se moucher.
Mais son histoire commence bien plus tôt: en Chine, des figurinesde la dynastie Chou ont été retrouvées tenant des morceaux de tissu, et datant de 1000 ans av JC.
On pense qu'ils avaient pour but de protéger les visages du soleil, ou d'être utilisés à peu près de la même manière que nous utilisons les mouchoirs traditionnels aujourd’hui: se moucher s'essuyer, ...
Et oui, nous les humains, partout dans le monde et de tout temps nous vivons de la même façon!
Mais ce ne sont pas ses seuls usages!!
Chez les Romains, il étaient agités en l'air lors de jeux publics, ou utilisés pour donner le départ des courses de chars.
Dans d'autres cultures du Moyen-Orient, ils avaient pour fonction de préserver du sacré, de panser des blessures, de servir de porte-monnaie...
Mais chez nous, les mouchoirs n'ont servit à se moucher qu'au XVIe siècle, lorsque le philosophe néerlandais Erasmus déclara que la morve sur la manche, c'était assez grossier.
Mais ce n'était pas gagné!
A la même époque, Montaignedira :
“Quel privilège a ce sale excrément pour que nous allassions lui apprêtant un beau linge délicat à le recevoir.”
Mais l’habitude se prend peu à peu grâce à la mode du tabac à priser, inhalé par le nez, nécessitant d'éternuer abondamment ensuite.
Mais ce n’est pas tout.
Les gestes des mouchoirs sont devenus un langage secret d’amour.
Lorsqu’une jeune fille a jeté son mouchoir d’une fenêtre, c’était une déclaration d’amour, si l’objet de son affection le ramassait soigneusement et le pliait dans sa poche, c’était gagné! Ou, si elle laissait tomber son mouchoir devant celui qu’elle cherchait à rencontrer , le message était clair!
Quand des amants échangeaient des mouchoirs aux bords brûlés, cela signifiait qu'ils brûlaient d'un amour profond et passionné.
Si, une femme tenait son mouchoir par le milieu pendant qu’elle regardait son amant: cela voulait dire qu'elle l’attendrait pour un rendez-vous d’amour à minuit le soir même. L'homme pouvait répondre en agitant son mouchoir pour un« oui ».
En cas de rupture, les amoureux se renvoyaient simplement ces mouchoirs.
Les mouchoirs étaient un symbole si puissant de fidélité et de romance que la pièce de Shakespeare, Othello, tourne autour de l’incident d’un mouchoir.
J'en connais qui vont agiter leur kleenex avec plus de précautions!
l'Infante Margarita de Velasquez, 1660
Le mouchoir est devenu un symbole de richesse, de statut et de classe.
Plus ses mouchoirs étaient magnifiquement brodés et fabriqués à partir de tissus exotiques, plus on grimpait parmi les VIP!
Du coup, dans le Paris du XVIIIe siècle, la mode est aux mouchoirs surdimensionnés jusqu’à ce que le roi Louis XVI déclare que « personne n’est autorisé à en avoir un plus grand que moi » et limite la taille à un "16 x 16 " carré!!!
Et Toc
Les adieux de Louis XVI, Jean Jacques Hauer, 1794
Au XIXe siècle, il est devenu à la mode pour les messieurs de s'afficher avec une pochette au côté gauche de leur veste. Cette mode découle directement de la vénération du mouchoir.
gravure 1899
Début XXème, avec la révolution industrielle, les mouchoirs n’étaient plus fabriqués à partir de soie et de dentelle, mais étaient produits en masse à partir de textiles moins chers, comme le coton.
Ils étaient devenus une partie nécessaire de la vie des hommes et des femmes, jeunes et vieux: prendre soin des reniflements, des éternuements et d'essuie chagrin.
Détail "Enterrement à Ornans de Courbet 1849
Et voilà comment, débordée par les moucadous de mes ancêtres je me suis lancée dans la confection d'un édredon!