Petit tour dominical vers les maîtres de la peinture.
Nous repartons aux USA, avec Mary Lyde Hicks Williams
Mary Lyde Hicks Williams
Mary Lyde Hicks Williams par son fils, Virginius Faison.
Mary Lyde Hicks Williams (1866-1959) est née à Faison, Caroline du Nord.
Elle a étudié l'art et le portrait à Washington, D.C., et à New York. De son vivant, elle a peint plus de cinq cents portraits, dont beaucoup de personnalités politiques et militaires. Elle a également réalisé une série de tableaux d'Afro-Américains, qui ont par la suite été légués au Musée d'histoire de Caroline du Nord .
Ces peintures, représentant des esclaves affranchis après la fin de la guerre de Sécession et l'abolition de l'esclavage, et illustrent la vie dans les plantations.
Mme Williams a contribué à la création de la section Faison-Hicks des Filles Unies de la Confédération. Elle a siégé pendant plusieurs années au conseil d'administration de l'hôpital d'État de Raleigh et a occupé à plusieurs reprises le poste de membre du comité exécutif du Parti démocrate de l'État.
3 femmes travaillent autour d'un quilt monté sur cadre.
Quel âge ont elles? Difficile à dire, celle à la coiffe verte semble jeune.
Le plancher se confond avec le fond. Sur le côté droit, un feu brûle dans la cheminée. En arrière-plan on distingue la silhouette d'une femme de dos et tout au fond on distingue un meuble haut, comme un vaisselier.
Elles semblent toutes les 3 coupées du monde dans cet espace monochrome.
Toute notre attention se porte sur les blocs colorés de la couverture. Nous y sommes invités par le regard de la femme qui nous fait face.
Au premier plan sur le sol: la branche (du houx?), et un sac de coton éventré
La femme à la coiffe verte tient un carton, ou une planchette. Elle ne travaille pas au quilting. Vraisemblablement, elle carde le coton avant de pouvoir le filer.
Enfin je souhaitais vous montrer un autre tableau de Mary Lyde Hicks William
comme la femme à la coiffe verte, la femme travaille le coton avant de pouvoir le filer.
Mais surtout admirez la pile de patchworks sur la table. On aimerait les déployer !
Voilà le tableau qui m'a donné l'idée de cette rubrique
"the patchwork quilt" peint par Henry Midwood
.
Né à Londres en 1833,William Henry Midwood était un peintre de figures et de scènes de genre qui vivait et travaillait à Londres. Il a mené sa carrière durant une période de profonds bouleversements: l'essor de l'industrialisation et de l'urbanisation.
Contrairement à nombre d'artistes de son époque, centrés sur des récits héroïques ou des scènes historiques, Midwood s'est consacré à la représentationdans des scènesidéalisées de la vie familiale, ou de scènes sentimentales ( enfants qui jouent, femmes vaquant aux tâches ménagères, paysans travaillant dans leurs champs ...).
Son style était fermement ancré dans les conventions de la peinture victorienne, mais il possédait un talent unique pour imprégner ses sujets de chaleur, d'humour et d'un véritable sens de l'observation, d'empathie.
Une part importante de l'œuvre de Midwood était consacrée à l'illustration de la littérature classique et il fonda même sa propre maison d'édition, « Midwood Books ». Il décédera en 1888.
La contribution de William Henry Midwood à l'art victorien est souvent sous-estimée, pourtant son œuvre offre un aperçu précieux du paysage social et culturel de la Grande-Bretagne du XIXe siècle.
Mais revenons à notre Tableau
L'intérieur est propre et modeste.
Deux personnages, un homme et une femme autour d'un patchwork en cours de fabrication.
Comme l'indique le titre de ce tableau, ce patch est au centre de l'image. il éclate de toutes ses couleurs variées. reposant sur le tablier blanc et la jupe bleue. Ces teintes attirent l'œil irrémédiablement. Avec le jupon bleu, le tablier bien blanc, il apporte lumière et gaité dans cet intérieur de couleur terne.
La femme est bien installée, face à la lumière, le dos près du foyer, les pieds sur un repose-pied.
L'homme lui fait face, négligemment assis sur le bord d'un meuble.
Outre les regards et les inclinaisons des têtes, c'est le patchwork qui fait le lien entre eux deux. Il ne semble pas que des paroles soient échangées.
Bien que l'homme ait encore les cordelettes qui retiennent son pantalon sous les genoux pour ne pas salir ou user le bas de ses jambes, on remarque qu'il possède un beau gilet, et un foulard rouge autour du cou . On note aussi que près de son chapeau se trouve un journal. Nous sommes dans un intérieur de personnes modestes mais ayant de l'instruction.
Qu'elle est l'histoire de ce patch? A qui ou quoi est-il destiné?
Peut-être cet élément domestique, voire intime puisqu'il couvrira sans doute leur lit, évoque le lien matrimonial qui les unit? Ou alors est-il destiné à un enfant à venir? Lui fait-il un compliment sur son travail?
Allez savoir?
Voilà comment un petit tableau "de genre" peut entraîner notre imagination.
Mais vous aussi, quand vous voyez un patchwork ou une broderie du temps passé, n'essayez-vous pas d'imaginer son histoire?
Merci à vous abonnées, pour vos messages de soutien et d'encouragement.
Comme à chaque fois, cette rubrique ne paraît que si vous en aviez fait la demande.
Suite à notre dernier article sur les édredons du club (cliquer ici pour le consulter), voici donc notre truc pour placer et fixer le molleton d'un édredon.
Nous n'avons pas pris de photo mais pas de panique c'est très simple.
Avoir fini et repassé le top et le dessous de votre édredon(je sais ça a l'air idiot, mais il faut bien commencer par quelque chose!)
Les couper aux dimensions définitives + 1.5cm de marge de couture tout autour
Superposer les 2 faces, endroit contre endroit
Piquer tout autour en laissant 40cm non cousu. Veiller à respecter la marge de couture de 1.5cm
Couper votre molleton ("Fluffy", de 3cm soit de 6cm d'épaisseur) aux mêmes dimensions que les 2 pièces de tissu. et poser le molleton dessus.
Fixer à la main, le molleton à l'ensemble par un grand point de surjet dans la marge de couture de 1.5 cm.
Retourner l'ensemble, et fermer le trou de 40 cm laissé en attente.
Poser si nécessaire des boutons ou faire des nouettes si votre édredon est grand
Les températures commencent à remonter doucement, le printemps montre le bout de son nez dans nos jardins, jonquilles, forsythia, cognassier nous offrent des tâches de couleur entre 2 averses.
Mais voilà, il arrive que dans nos maisons ou appartements, nous avons frisquet: il commence à faire doux, suffisamment pour que le chauffage ne s'enclenche plus. Aussi le soir, quel plaisir de se pelotonner sous la couette et/ou un édredon. Le bon vieux édredon de nos grandes mamies revient en force!
Le truc avec la mode c'est que l'on passe vite de ringard à la pointe du moment!
Donc l'édredon.
Étymologiquement, le mot édredon vient de la langue danoise,« ederdun » = duvet d’eider. L'eider est le nom d'une espèce de canard rare vivant exclusivement dans les régions nordiques.
Au Moyen-Age, il était placé entre la paillasse et le dormeur, afin d’isoler ce dernier du froid, mais également pour lui apporter de la chaleur, du moelleux, et du confort.
Au fil des ans, les matelas de laine sont apparus. . Désormais, il se place par-dessus le dormeur.
Puis, les radiateurs ont été inventés. L’édredon est devenu un accessoire superflu et encombrant. C’est ainsi que l’édredon ancien a peu à peu disparu de l’usage quotidien.
Au club, on aime bien les édredons en voici quelques uns des gros et des moyens
De Mano : "Cosy Cottage" de Marie-Claude Picon-Iperti
De Mano : Lavender field en Liberty
De Mano :modèle , Jenny de Missouri Quilts , la technique , Anne-Carol Lemaire
De Françoise B.
De Dany
De Anne : à base de mouchoirs anciens
Tous ont été réalisés avec du molleton épais "Fluffy", soit de 3cm soit de 6cm d'épaisseur.
On profite de sa légèreté et de sa douce chaleur.
Quand on y a goûté, on ne peut plus s'en passer!
Alors si vous souhaitez recevoir le tuto pour le placer avec 100% de réussite: à vos claviers.
Nous nous ferons un plaisir de faire une fiche sur le sujet.
Le mois de février me prend toujours de court: le dernier dimanche du mois est devenu le premier du mois de mars! Un loupé!
Histoires de Patch continue tout de même d'explorer les maîtres ayant représenté notre passion
Je vous propose de changer de siècle et de découvrir Grandma Moses.
Anna Mary Robertson Moses, connue sous le nom de Grandma Moses, est née en 1860 à Greenwich, état de New York. Artiste populaire américaine, elle a débuté sa carrière artistique à ... 78 ans!
C'est à cet âge, qu'elle a commencé à peindre ne pouvant plus broder pour cause d'arthrite. Elle réalisera plus de 1 500 œuvres au style naïf, aux couleurs vives et aux compositions empreintes de simplicité et de chaleur et peindra jusqu'à ses 100 ans! Elle connut un succès international et décèdera à 101 ans.
" En attendant noël" 1960
Troisième d'une fratrie de 10 enfants, elle grandit dans le milieu agricole et découvre le dessin et la peinture à l'école qu'elle fréquentera jusqu'à l'âge de 12 ans. Ensuite, ce sera pour elle une vie de labeur ménager et agricole.
Jeune épouse et mère, Moses faisait preuve de créativité chez elle ; par exemple, en 1918, elle décora un panneau de cheminée avec de la peinture. À partir de 1932, elle broda des images pour ses proches. Elle créait des objets matelassés. Mais à 76 ans, elle se tourne vers la peinture plus accessible avec son arthrite. Grand-mère Moses confia aux journalistes qu'elle s'était tournée vers la peinture pour réaliser le cadeau de Noël du facteur, car « il était plus facile de peindre que de faire un gâteau sur un fourneau brûlant ». Plus pratique ses toiles duraient plus longtemps que ses broderies en laine peignée, qui risquaient d'être rongées par les mites.
Autodidacte, ses peintures représentaient principalement la vie rurale, inspirée de ses propres souvenirs. Elle omettaient systématiquement les inventions modernes comme les poteaux électriques et les tracteurs.
En , Sugaring Off (1943) est devenu le tableau d'elle ayant atteint la plus haute cote, à 1,2 million de dollars (plus d'un million d'euros). Cette œuvre est un bon exemple des scènes rurales simples qui ont établi sa renommée[3].
Mais revenons au patchwork: quilting bee 1950
Encore une fois, quilter un patch est une opération collective et communautaire, voire festive.
Les dames autour du métier à quilter sont à leur ouvrage. bien que le quilt est un peu difficile à décrypter, il semble suivre une logique de construction. Ce n'est pas un crazy..
Vraisemblablement la fin de ce quilt est l'occasion de cette réunion de la communauté. En effet le patch est complétement tendu sur son cadre, les quilteuses travaillent sur les bords . On peut imaginer qu'elles sont concentrées sur les derniers blocs à matelasser et que tout les reste est fini.
Placées près des fenêtres, elles profitent de la lumière du jour, et semblent indifférentes à l'agitation ambiante: jeux d'enfants, discussions, et préparation du repas. finir ce patchwork est réellement un prétexte pour un bon repas et les convives attendent déjà autour de la table.
Elle déclarera un jour que peindre des intérieurs " Ce n'est pas vraiment mon style. J'aime peindre quelque chose qui m'entraîne vers l'inconnu, quelque chose que j'ai envie de voir au-delà. Bon, peut-être que je réessayerai. »
Dans une autre interview, elle dira :" L'inspiration me venait et je me mettais à peindre ; alors j'oubliais tout, absolument tout".
Et vous quand vous créez avec quelques bouts de tissus colorés des patchs, vous oubliez tout ?
Déjà 10 jours que nos puces sont passées et je ne vous ai rien raconté!!
Cette année encore, exposants et visiteurs ont répondu à l'appel. nous avons passé une excellente journée entre boutons, tissus, fils en tout genre et autres bidules absolument indispensable et nécessaire.
Selon la tradition, des patchs étaient exposés sur la scène.
Mais nous avons décidé qu'à partir de cette année, à chaque édition, une seule adhérente exposerait ses quilts les plus anciens.
Cette année, Dany, notre présidente a été l'heureuse élue.
Une date en pousse une autre
Le club en ordre dispersé se rendra cette semaine à l'incontournable régional, voire national:
Au fil du temps, le club se crée des traditions, voire des incontournables.
Pour nous, début Janvier est synonyme de "galette des reines", et fin janvier, de la visite très appréciée du salon de Grenade.
Comme l'année dernière, Anne-Carole Lemaire ( "atelier du patchwork) nous amène des merveilles qui font chauffer nos petites cartes.
Et comme l'année dernière, nous ne lui laissons pas le temps de souffler, dès le lundi matin, elle répond présente pour un stage dans nos murs. D'où, encore deux traditions pour février: crêpes et Anne-Carole. D'ailleurs cela me fait penser que cette année, nous avons oublié les crêpes!
L'année dernière, nous nous étions amusées avec la technique " onesisters".(cliquer ici pour lire l'article).
Cette année, c'est de cuisine dont il va s'agir, et plus précisément de pâtisserie!
Bref, nous étions 11 pour faire du "cake mix" (littéralement préparation pour gâteau).
En résumé, nous ne savions pas où elle allait nous embarquer, d'autant plus que les consignes préparatoires de Anne-Carole étaient précises: machine à coudre nettoyée, aiguille neuve, lame de cutter neuve, pied de biche en Inch, règle en Inch.
Ouille, ouille ,ouille, je vous dit pas le stress, allions-nous être à la hauteur!?!
Nous n'avons pas été déçues du voyage, bien au contraire, nous nous sommes bien amusées avec en prime, la surprise et la joie d'avoir réalisé un truc extra!
Que je vous explique le principe:
Etape 1: choisir un cahier. Chaque cahier propose plusieurs modèles, et comme d'habitude, Anne-Carole nous laisse libre du choix. Dans chaque cahier toutes les pages sont les mêmes
Etape 2: superposer deux carrés de tissus, un clair et un foncé, endroit contre endroit, épingler une page du cahier choisi, et pique et pique en suivant le trait et le sens des flèches.
Etape 3: couper au cutter sur les traits plus épais.
Etape 3 bis (j'adore): pincer le papier sur la couture au milieu de la pièce et de l'autre main tirer d'un coup sec. RAAAAAAHH, un vrai bonheur !
Etape 4 : repasser et recommencer avec une autre feuille, tissus, etc.
Sans se rendre compte, on se retrouve vite avec les pièces de blocs à agencer.
comme-ci
ou comme ça
ou alors...
galerie des possibles
Bref à la fin de la journée, nous sommes toutes reparties avec mille étoiles dans les yeux, comme des petites filles devant un sapin de noël.
galerie travaux atelier
Le soir même, Françoise (la grande) totalement accro, nous envoyait la photo de son œuvre déjà montée!!
Inutile de vous dire que nous avons déjà réservé notre prochain stage pour 2027!!!
Le dernier dimanche du mois pointe déjà son bout de nez, et Histoires de Patch continue d'explorer les tableaux de maîtres ayant représenté notre chère passion.
Ce mois-ci, encore un peintre américain ENOCH WOOD PERRY (1831 - 1915) nous propose sa version de
Quilting Party 1876
Enoch Wood Perry Jr. était un peintre américain originaire de Boston.
Il était connu pour ses portraits et ses paysages. Il a vécu à Philadelphie (Pennsylvanie), à La Nouvelle-Orléans (Louisiane), en Californie du Nord , à Hawaï et à New York.
Après avoir travaillé plusieurs années, Perry a commencé une formation artistique formelle. et il arriva en Europe en 1852, pour parfaire ses études. il sera même consul des États-Unis à Venise entre 1856 et 1858. De retour en Amérique, il ouvrit un atelier à Philadelphie, puis à La Nouvelle-Orléans Il réalise de nombreux portraits et paysages de la vallée de Yosemite . Vers 1864, Perry parcourut Hawaï et réalisa des paysages et des portraits. De retour sur le continent, il s'installe à NewYork où il décède.
Mais revenons à notre quilting Party de 1876, scène typique américaine.
Nous sommes dans un intérieur ni pauvre, ni cossu.
Sur le sol un tapis et au mur, on devine un papier peint , le décor est planté.
Le mobilier est constitué de chaises, tabouret de style "quaker" très fréquent dans les intérieurs américains et victoriens de cette époque.
L'ensemble est simple: une atmosphère respire le calme. On entend le silence!
Le tableau se divise en 2: le haut et le bas, le cadre à quilter en est le séparateur.
En bas , un chat dort confortablement installé sur une couverture à dominante rouge, vraisemblablement de laine tissée. C'est lui qui nous donne ce sentiment de paix.
En Haut deux femmes travaillent sur un quilt.
La plus âgée est toute à son affaire. Sur ces jambes, un tissu de couleur orange attire le regard, et constitue une tache de couleur vive dans cet intérieur relativement sombre, comme la couverture du chat,
En arrière plan, on peut voir une des barres du cadre reposer sur le montant d'une chaise, mais pour la deuxième placée devant nous, comment tient-elle, mystère.
Cette femme est tellement concentrée qu'elle semble indissociable de son ouvrage: elle est dans le cadre.
Pendant ce temps, la plus jeune se munit d'une bobine pour couper une nouvelle aiguillée.
Elle en profite pour s'offrir une pause, les yeux dans le vague. Rêveuse, elle sourit.
Ses pensées sont ailleurs.
Peut-être, avec la personne pour qui est destiné ce quilt ou en raison l'usage qui en sera fait?
Ou alors, elle contemple tout le travail déjà effectué et savoure déjà le moment où il sera terminé?
On remarque que cette couverture n'est pas très grande.
Est-ce pour un enfant, ou un futur bébé, on peut nous aussi rêver.
Et vous, n'êtes-vous pas, vous aussi, tour à tour concentrée et rêveuse quand vous faites un patch ?